Réveil à 5h du matin par le gong et les chants. Je saute de
mon lit, me dépêche de m’habiller : la réceptionniste a dit hier que les
rituels du matin commençaient à 6h. Ni une ni deux, me voilà dehors. Mais là,
surprise : plus aucun bruit. J’aurai alors rêvé ? Je croise des
moines en tenue pourpre, mais tous sortent du monastère… Qu’est-ce qu’ils
bricolent ? Je les suis discrètement dans les rues. A 6h du matin, les
Népalais sont déjà très actifs. Et ici, à Bodnath, quartier des réfugiés
Tibétains, ca veut dire un tas de gens dehors avec un mala (un rosaire) entrain
de réciter des mantras. J’arrive finalement à la grande stupa, ayant perdu la
trace des moines. Là, grand moment : pas une ombre de touristes à
l’horizon. Juste des moines, des Tibétains, des Népalais, des pigeons, des
bougies, de l’encens… Et tout ce monde tourne autour de la stupa (pas les
pigeons cela dit) en marmonnant des mantras dans le soleil levant. C’est
beau !
Je retourne au monastère, bien décidée à savoir ce que les
moines fabriquent sachant qu’ils sont censés faire leurs rituels. Je demande au
gardien de nuit à quelle heure ca commence, en népalo-anglo-langue des signes
norvégienne (que j’utilise systématiquement à mes dépends dès qu’une personne
ne me comprend pas). Il me montre le bâtiment principal du monastère. Bon c’est
pas bien clair tout ca. Je décide d’aller dans le bâtiment, à pas de loups, je
sais pas si j’ai le droit. Je me fais attaquer par les 2 chiens de garde et
réveille tout le campement. Bien bien, très discret !
Je commence à être sacrément ronchon alors je rentre à la
chambre. Miko dort toujours. Je prends un bouquin et j’attends. Je sais pas
trop ce que j’attends au juste. Avec tout ca, il est déjà 6h40. Finalement, on
prend le petit déjeuner, la réceptionniste commence sa journée et opine du chef
que « non non vraiment je ne
comprends pas normalement les rituels sont à 6h ». Bon, rien ne sert de s'énerver, alors je lui dis que c’est pas
grave et puis voilà.
J’ai oublié de préciser que l’hôtel est bourré de Français,
puisque le monastère est très connu pour Mathieu Ricard. Un truc drôle avec les
Français : partout dans le monde, ils se croient à la maison. Un type me
croise dans les escaliers et me dit « bonjour ».
J’ai eu envie de lui dire qu’ici au Népal, soit tu le dis en népalais, soit en
anglais. On ne peut pas s’attendre à ce que LE MONDE ENTIER comprenne le mot « bonjour ».
Je crois que c’est entre autre pour ca qu’on a cette vieille image de types
arrogants à l’étranger. M’enfin.
J’ai rendez-vous avec un médecin tibétain, en médecine
tibétaine donc. Consultation bien spéciale : elle me demande quel est mon
problème, pose 3 doigts sur l’intérieur de mes poignets et appuies plus ou
moins fort, l’air très concentré. Puis me pose des questions très à-propos,
auxquelles je me vois forcée de répondre « oui » à chaque fois
tellement elle vise juste. Impressionnant. Finalement, 25 minutes après, elle
me donne une ordonnance et s’ensuit une petite course à travers le bâtiment
pour payer les médicaments, puis revenir les chercher dans un autre bureau,
etc. Coût de l’opération (consultation + médocs) : 3, 54 euros.
Finalement, il s’avère que les médicaments à base de plante
ont un goût d’encens. Q’il faut mâcher longuement. Vous mangeriez de l’encens
vous ? Ben vous avez raison, parce que c’est DEGUEU. Encore heureux que la
rasade de butter tea ne soit pas incluse dans le traitement…
Pour me remettre de mes émotions, je rejoins Miko pour un
massage ayurvédique de 90 mn. Là déjà, ca va beaucoup mieux… J
Puis déjeuner chez la mamie tibétaine avec un bon momos,
plat typique népalais ! On mange en regardant la vie de la rue, les femmes
habillées en tenue traditionnelle tibétaine, les touristes, les hommes saints
hindous tout d’orange vêtus… On s’ennuie jamais dans ce pays !
Puis je me rends au studio de yoga du coin pour une
mini-conférence avec un Tulku Rinpoché (grand maître bouddhiste), ayant pour
thème « la gestion de la joie et de
la souffrance tout au long de la vie ». Vraiment intéressant, surtout
que le bonhomme est petit, assez jeune, et nous parle de grands concepts
bouddhistes en utilisant en guide d’illustrations ou de métaphores des fils
bollywoodiens, Avatar et j’en passe… Un bon moment, qui fait réfléchir et
permet de repartir avec quelques nouveaux outils !
Un week-end riche en adrénaline et en spiritualité… Un bon
équilibre, non ?
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