Friday, 18 October 2013

Lundi : Le mini-bus et la musique hindi ; les bénédictions de la mamie



Lever aux aurores encore une fois pour prendre le p’ti dèj dans le même resto qu’hier soir, parce que le serveur nous a bien aimé apparemment (surtout mes blagues ?). Il nous offre la tika, car aujourd’hui c’est tika day, où on reçoit les bénédictions des anciens dans chaque famille.
On veut prendre un bus pour descendre de la montagne et rejoindre la « grande route », où un autre bus nous ramènera à Katmandou. Les bus ici partent une fois par heure, et s’ils sont pleins. Planifier quoique ce soit relève donc de la pure folie.
Arrivés à l’entrée du village, le seul endroit où les véhicules sont autorisés à rouler, un type nous dit qu’il reste des places dans le bus qui va partir. Des places ? Moui, nous, on appellerait pas ca des places. On se retrouve tout serrés à côté du chauffeur, pour ne pas dire les fesses sur le levier de vitesse. A l’intérieur, le bus est assez vétuste (comme la plupart des trucs roulants ici) et décoré de guirlandes colorées et d’images de Ganesh. Le chauffeur monte et met de la musique hindi à fond les ballons. J’adore ce genre d’instants, uniques et tellement mémorables : on est en Asie, dans un bus tout pourri mais décoré et on écoute de la musique indienne type Bollywood.
On arrive à la route une heure en avance. Un bus est là en partance pour Katmandou mais il n’y a plus de places assises normales. On nous propose de s’asseoir avec le chauffeur. On se retrouve donc tassés sur une mini banquette juste derrière le siège du chauffeur, avec encore une fois le levier de vitesse dans les pieds. C’est parti pour 5h comme ca ! Mal au dos, aux fesses, mais au moins on voit bien la route J

Katmandou, sous la pluie. On se pose un peu, et dans la soirée on va chez notre proprio pour recevoir les bénédictions de sa mère ! Double tika aujourd’hui. Sauf que notre proprio est absent : pendant cette journée, l’idée c’est de recevoir le maximum de bénédictions de la part des anciens (grands-parents, oncles, tantes etc). Les Népalais se promènent donc de maison en maison. A chaque fois, on leur offre à manger et à boire, plus que de raison.
Malgré son absence, on est invité à entrer : les sœurs du proprio sont là et assurent « la permanence ». Il faut dire que 150 personnes sont attendues pour recevoir leur tika aujourd’hui… La mamie nous fait un grand sourire. Elle a 89 ans, elle s’est levée à 4h du matin et n’a pas arrêté de donner ses bénédictions de toute la journée. La femme du proprio, elle, s’est levée à 6h et a fait à manger pour 150 personnes. Ca, c’est du dévouement ! A noter : les Népalais ne sont pas habituellement des férus d'organisation, mais quand il s'agit de célébrer, de manger et de boire, là par contre ils prennent en charge l'emploi du temps et ils regardent leur montre !
La mamie nous fait donc entrer dans son petit appartement, sous celui de son fils (ici au Népal, les parents vivent avec le fils). Il y a des coussins disposés partout par terre, pour la « file d’attente ». Heureusement, on est arrivé assez tard et sommes donc seuls. On reçoit la tika, mais aussi des petites herbes à placer derrière l’oreille, et un billet de 100 roupies ! Je suis un peu embêtée : 100 roupies, c’est beaucoup pour des voisins comme nous, non ? La sœur m’explique que la grand-mère donne un billet à chaque personne, un billet qui porte chance et qu’il ne faut donc pas dépenser mais garder précieusement. Elle donne moins aux enfants, et après ca dépend du grade. Apparemment, voisins est un bon grade. Les sœurs et belle-fille ont eu un sari neuf. En gros, cette journée de bénédictions coûte une blinde à la mamie !
Elle continue de sourire, de raconter des blagues en newar/népalais. Puis on nous sert à manger : une quantité énorme de pleins de trucs, accompagnés de rasades d’alcool de riz, de soupe au piment et de brandhy à l’abricot. Ma gueule de bois d’hier apprécie moyennement, mais ca passe ! Puis le proprio rentre, et quelques personnes font leur arrivée pour la tika. L’endroit se remplit vite, et ca cause dans tous les sens. On finit par prendre congé, non sans avoir été invités pour la prochaine célébration début novembre !

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