Thursday, 12 December 2013

Demain c'est le grand départ... pour l'Annapurna !

Dernier jour de boulot aujourd'hui, je crois avoir réussi à finir tout ce que j'ai entrepris ces derniers mois... (Jusqu'à ce que je me souvienne d'un truc en pleine nuit).

Demain nous partons pour notre périple népalais de 3 semaines. Pas sûr qu'on ai internet à tous les étages (je veux dire à 3800 mètres), mais le récit de nos aventures viendra tout début janvier !
En attendant, on essaiera de poster de nos nouvelles rapidement sur Facebook, voire quelques photos... A très vite, joyeux noël et bonne année !

Le jour où j'ai rendu visite aux enfants d'Antardristi

Au boulot, je travaille sur l'organisation d'un marathon de yoga censé lever des fonds pour une association népalaise appelée Antardristi. Cette asso récupère des enfants abusés sexuellement et les "retape" à travers une psychothérapie, de la danse, du foot, du yoga... Elle gère aussi le conseil aux familles et aux communautés, pour tenter de faire changer les mentalités et surtout faire en sorte que les langues se délient...

Des marathons ont déjà eu lieuAu boulot, je travaille sur l'organisation d'un marathon de yoga censé lever des fonds pour une association népalaise appelée Antardristi. Cette asso récupère des enfants abusés sexuellement et les "retape" à travers une psychothérapie, de la danse, du foot, du yoga... Elle gère aussi le conseil aux familles et aux communautés, pour tenter de faire changer les mentalités et surtout faire en sorte que les langues se délient...

Des marathons ont déjà eu lieu en Norvège, et bientôt à Londres et à Katmandou. Super fière du boulot réalisé, même si y'a encore beaucoup à faire !

Du coup, je suis partie avec une collègue d'Antardristi faire un tour dans l'un de leurs centres, situé à Hetauda, à 4h de route de Katmandou. Encore un "petit" tour en Jeep saupoudré de musique nasillarde (souvenez-vous, cette musique-là : )


La différence c'est que nous sommes assises à l'avant, juste à côté du chauffeur. Il y a la place pour un, mais on est 2. Je suis celle qui a les jambes dans la boîte à vitesse, ce qui veut dire qu'à chaque changement, je me prends un grand coup dans le genou et/ou la cuisse, c'est selon. Je me suis assoupie et suis littéralement tombée sur le chauffeur. Au final, 9h de route pour... 2h sur place. Mais 2 belles heures ! Le centre est très rustique mais propre et sympa, les filles sont pleines de vie, au point qu'on ne peut pas percevoir les horreurs qui leur sont arrivées... L'une est arrivée et a eu un enfant de son violeur. Le bébé est la coqueluche du centre. Une vraie petite famille, avec les 15 filles de 3 à 16 ans et les accompagnantes, uniquement des femmes. On a mangé, on a fait du coloriage, je me suis fait coiffé les cheveux... Une petite pause entre nanas !



















La chevauchée fantastique pour rentrer à Katmandou

Bon, allez maintenant, y'a plus qu'à rentrer à Katmandou ! Enfin, "plus qu'à"... Au Népal, on sait plus trop ce que ca implique !

Ce coup-ci, j'ai pris l'option Jeep. A peine plus chère, mais plus rapide (6 heures seulement !!! Enfin en théorie). 
J'ai pris ma petite place à côté de la fenêtre, et puis on est parti chercher d'autres passagers. Beaucoup d'autres passagers. Vous mettrez combien de bonhommes dans une Jeep vous ? Allez je me dévoue : pour un voyage confortable, je dirai 6. Pour un voyage rentable, misons sur les 9. On était 12.

Les chauffeurs népalais sont en grande majorité friands de musique locale, ce qui est tout à fait charmant. A noter tout de même que les femmes asiatiques ont bien souvent une voix haut perchée, pour ne pas dire criarde. Sur 2 ou 3 chansons, c'est adorable et ca donne envie de faire la danse du ventre. Sur 6h de trajet, ca devient difficile pour les tympans, la tête et les nerfs.
Voici un échantillon, à écouter en boucle pendant 6h pour bien se rendre compte des effets secondaires  :



Je comprend maintenant pourquoi les bus locaux ne prennent pas cette route. C'est une succession de virages en épingle à cheveux méga serrés, puis après un moment, y'a plus de route du tout. C'est de la piste : des rivières à traverser, des montagnes sablonneuses à grimper... 

On a pris la route avec une autre Jeep, qui roulait derrière nous. A un moment donné, elle nous a doublé en faisant de grands gestes. En effet : ses 2 pneus arrière étaient crevés, et pas qu'un peu. Ca faisait déjà un moment qu'elle devait rouler sur ses jantes. Arrêt changement de pneus, du coup on en a plus de secours comme il a fallu changer les 2. 
Reprenons la route et la musiqueeeeeeee !

A un moment, on tombe nez à nez avec une Jeep dans une pente de sable. Apparemment nos chauffeurs ne sont pas copains. Ils ont d'abord fait quelques gestes pas hyper sympas. Puis mon chauffeur a reculé de 5cm, "pour être gentil mais j'en ferai pas plus". L'autre a fait pareil. On était pas plus avancés. Puis ont tous les deux coupé le contact, pour bien montrer qu'aucun des deux ne feraient l'effort de bouger son véhicule. Rigolez si vous voulez, mais on est resté comme ca pendant 20 bonnes minutes, à se regarder en chien de faïence. Et puis comme ca a créé un bouchon, un type du camion de derrière est venu régler la situation. 

Par contre, le Népal étant un pays de carte postale, on a eu des paysages carte postale :)

On est finalement arrivés après 7h de route, ce qui est plutôt pas mal compte tenu des évènements !




























Wednesday, 11 December 2013

Le jour où j'ai rencontré Sandhya

La journée a commencé doucement, dans la chaleur du Teraï. La région où me je trouve est relativement plate et plutôt chaude !

Santha me retrouve à l'hôtel et nous partons acheter quelques cadeaux pour la famille de Sandhya. J'ai ramené de Katmandou des balles de jonglage pour les enfants, mais pour les parents, Shanta recommande des trucs de cuisine : je pensais plutôt à des fleurs, mais c'est culturellement complètement chelou de faire ca. Alors on part sur 5 verres, 5 assiettes, 5 bols pour les lentilles (dhal), une casserole pour le riz et un grand plat pour les légumes! 

Puis un beau pick-up blanc (blanc au Népal ???) siglé Plan nous emmène dans les bureaux locaux de l'association. J'y rencontre les collègues de Shanta et son chef, qui me briefe rapidement sur le programme de la journée. Si je comprend bien, ca sera intense et assez court. Dommage, mais faisons avec !

1ère étape : un village sur la route, où je suis accueillie par un groupe de jeunes filles. C'est le "youth club", club de jeunes locales, qui se retrouve souvent pour parler des droits des femmes au Népal (en matière de mariage forcé, de viol, etc) et faire des activités ensemble. Ma contribution mensuelle contribue à ce club, et c'est une très bonne chose ! Chacune d'entre elles se présentent dans un anglais approximatif, mais surtout en parlant hyper vite : elles ont visiblement appris leur texte par coeur et sont mal à l'aise. Elles récitent donc tout de go leur nom, leur classe, le nom de leurs parents, leur village... Puis l'ambiance se détend, et j'ai droit à une petite danse super mignonne :)

On reprend la voiture pour aller dans le village de Sandhya cette fois. Au bord de la route, un petit ensemble de maisons en terre battue. Sandhya ne va pas à l'école aujourd'hui, puisque je suis là. J'aime pas trop, mais bon. Elle est bien plus grande que sur la dernière photo que j'ai reçu d'elle ! 
On s'assoit dehors, sur une paillasse, et je déballe les cadeaux. Erreur ! Au Népal, les cadeaux sont ouverts plus tard, en privé, au cas où ca ne plairait pas et pour ne pas vexer l'offrant. Je sais tout ca mais je suis bête, surtout dans le feu de l'action. Bref, apparemment, ca a plu, mais ca a foutu la mère mal à l'aise. Ah bah bravo !
S'ensuite une séance de photos vraiment fatigante. Deux personnes de Plan sont là, et tout le village aussi. Aucune intimité pour cette rencontre : chaque phrase, chaque regard est consciencieusement immortalisé, analysé, décortiqué. Sandhya a eu droit au moins 10 fois à la question "tu es contente ???", lui mettant une pression de dingue. Pour faire diversion, je propose de visiter sa maison.

C'est assez vite fait : sa maison fait 15 m2, abritant les 5 membres de sa famille : ses parents, elle et ses 2 petits frères. Le mur est en terre battu, surmonté d'un toit en paille. Entre les deux, l'espace est ouvert, donc il doit faire assez froid dans la nuit... Deux planches en hauteur font office de lit pour toute la famille, et dans un coin, un petit tas de terre fait office de cuisine. 
Puis vient la visite du jardin, où la maman essaie de faire pousser des patates et des épinards pour nourrir la famille. Le problème, c'est que la rivière au bout du jardin est complètement à sec. Il n'a pas plu depuis août ! Plan travaille sur un programme d'eau potable et d'eau utilisable dans les jardins. L'idée serait de les former à l'agriculture basique, pour que la famille puisse se nourrir et vendre le trop-plein de production sur le marché local, amenant ainsi un petit pécule supplémentaire.
Il y a aussi un cochon, acheté, engraissé puis revendu. Voilà le "business" de la maman de Sandhya. 
Le papa casse des cailloux dans la rivière.

Il est décidé que Sandhya va me suivre pendant le reste de ma visite. Elle est visiblement toute excitée et me suit à la trace, à grand renfort de sourires. Adorable ! 
On rend visite à une dame qui justement, grâce à l'aide d'un ingénieur de Plan, a son propre potager et en vend une grande partie. Puis on va à l'école, où je suis reçue par les étudiants qui gèrent la seule bibliothèque du coin... Spartiate, mais sympa ! Plan a contribué à l'achat de livres et de posters.
Puis visite de chaque classe : comme normalement l'école est finie, tout le monde m'attend bien sagement et la sensation n'est pas terrible. Dans chaque classe, j'ai droit à des danses, des chants, et un nombre incalculable de poses débiles avec les enfants pour satisfaire les photographes. Je suis consciente que c'est une journée de promo et de relations presse pour Plan, mais c'est quand même chiant. 
Tous les enfants m'entourent, mais Sandhya me garde jalousement pour elle. J'offre des balles de jonglage aux plus petits qui, ravis, commencent à en lancer dans tous les sens. L'instit va me détester...

Il est déjà temps de repartir. On s'arrête acheter un peu de nourriture pour la famille de Sandhya. On dit au revoir, comme ca, sur le bord de la route. C'est passé trop vite...

Shanta m'emmène faire un brin de shopping et me montrer le coin. C'est très beau. Je partage avec elle mes impressions sur la journée qui vient de passer.
La prochaine fois, j'aimerai bien passer plus de temps avec Sandhya, et pas seulement dans le contexte de cette journée finalement hyper planifiée, hyper codifiée, pas du toute authentique et représentative de la vie locale. On verra comment ca se passe...

En tout cas, j'ai passé ma soirée a réalisé l'importance de ma modeste donation sur le développement du village. Plan soutient 26 projets locaux, allant de la formation aux premiers secours en cas de morsure de serpents en passant par la création d'une maternité. Dans chaque classe, Shanta a demandé qui avait un parrain/marraine de chez Plan : la grande majorité ont levé la main. Ils ont donc besoin de nous, et beaucoup sont encore sur liste d'attente. 

Sandhya veut devenir médecin. Les chances qu'elle y parvienne sont minces, car les études sont très coûteuses. Et puis en tant qu'aînée et seule fille, il est tellement plus simple pour les parents de la marier dans quelques années, pour qu'elle déménage chez la belle-famille comme le veut la coutume népalaise. Ce qui, en d'autres termes, veut dire une bouche en moins à nourrir et plus de place dans la riquiqui maison...
Alors c'est là que Plan et moi, on peut agir : moi avec mes sous, Plan en persuadant les parents de la laisser étudier le plus longtemps possible, peut-être pour devenir infirmière ou aide-soignante ou autre. Ce serait déjà vraiment chouette...

Devenez parrain/marraine vous aussi ! http://www.planfrance.org