Wednesday, 29 January 2014

Jour 10 : Poon Hill et Tadapani

J'entends des pas et des voix au-dehors. J'entrouvre les yeux et vois des petites lumières qui passent. Bon sang, il est quelle heure ? Les gens montent déjà à Poon Hill pour le lever de soleil ? On nous a pourtant dit que la montée ne prenait que 45 minutes, alors qu'est-ce qu'ils foutent... Bon, on se réveille, il est 5h25, prêts pour la montée fort matinale jusqu'au sommet de Poon Hill, point de vue très connu pour son lever de soleil flamboyant sur la chaîne des Annapurnas et perché à 3210 mètres d'altitude. C'est un trek très touristique, car il ne prend que quelques jours au départ de Pokhara et est parfait pour les touristes en mal de montagnes mais qui n'ont qu'une semaine de vacances. Du coup, en haute saison, c'est blindé. Là, même en saison basse, on était une bonne centaine. Oublié le face à face spirituel avec la montagne : Poon Hill, c'est le Disneyland himalayen. 

5h38, on se met à marcher. En sortant de l'hôtel, on est hébétés : le brouillard d'hier s'est dissipé, et la neige sur les Annapurnas brille sous le clair de lune... Ca couple le souffle. Bon, sauf que, à peine sortis de notre hôtel, on entame les maudits escaliers ! La grimpette jusqu'au sommet se fera donc en escalier sans fin, dans le noir, avec les courbatures de la veille et l'estomac creux en prime. Pas super... D'autant que la ligne d'horizon commence déjà à devenir orangée, annonçant le lever de soleil ! Et on est pas encore en haut ! Alors on se presse, je ronchonne (un peu), on pense à s'arrêter en chemin pour voir le lever de soleil à mi-pente... Mais au final, on arrive en haut. Et on le regrette pas : le spectacle est incroyable. Pas de blabla, les photos vont parler pour nous. 

Là-haut, on retrouve tous nos comparses rencontrés dans les villages précédents, alors c'est la fête ! Il fait un froid pénétrant et on saute pour nous réchauffer. On est venu, on en a chié, on a vu, on va pas descendre de suite quand même !

Puis on finit par retourner à l'hôtel pour un petit déjeuner bien mérité. Mais le repos sera de courte durée : une heure après, c'est reparti pour la marche du jour... Miko trouve en chemin un gros bâton en bois, qui sera mon allié pour la fin du trek : mon bâton de Gandalf ! Je vais enfin pouvoir avoir un truc sur quoi m'appuyer dans les escaliers !
D'ailleurs, ca va être utile : à peine quitté le village de Ghorepani, on se tape encore des escaliers ! Sur le chemin, les nombreuses personnes croisées ce matin à Poon Hill peinent autant que nous : la région s'est fait une spécialité de l'escalier, et les genoux, les cuisses commencent à râler sévèrement !
Mais la vue est là et fait oublier les douleurs... Et puis d'un coup, ca descend ! En escalier bien sûr. Pendant 1 heure et demi. Et je vous assure que passés les premiers instants de joie à la vue de la pente descendante, et bien la douleur aux genoux a vite repris le dessus...

On s'arrête pour un petit snack à Bhan Tanti, au bord de la rivière. On a l'impression d'être tout en bas, mais non, on a descendu "que" de 1500 mètres. Et puis on continue de descendre... Jusqu'à nous apercevoir que le village destination du jour est à 2670 mètres ! Il faut donc remonter ! Et c'est là qu'un moral d'acier est requis. Parce qu'après 10 jours de marche avec 10 kgs sur le dos, chaque pas compte. Et c'est là que les mantras style "doucement mais sûrement" ou "chaque pas fait aujourd'hui ne sera plus à faire demain" sont d'un soutien indéfectible. Ca, un bâton de Gandalf et un super co-équipier !

On a donc finit par arriver à Tadapani, notre destination. On pose nos sacs vite fait dans un hôtel miteux et commandons une part de tarte aux pommes pas terrible. Et puis, rassasiés, on prend le temps de regarder l'hôtel : il est en tolle. On va se geler cette nuit ! Miko part en reconnaissance et en trouve un autre en dur. On décide donc de reprendre nos sacs et de partir, au grand dam de la responsable de l'hôtel qui nous a sincèrement emmerdé pour des broutilles, ne voulant pas qu'on parte. Au final, on a eu notre chambre panoramique dans l'hôtel en dur. HEUREUX !

On est les seuls dans l'hôtel avec un groupe sympathique de Coréens. Ils nous ont offert du chou cuit pour l'apéro, qu'on a dégusté tous en rond autour du poêle. On a discuté en népalais avec les guides qui leur ont retraduit en coréen, on a répété en coeur des trucs en coréen, on a hyper bien mangé, bref, super soirée !