Tout d'abord, on a vécu notre tout premier séisme népalais.
C’est arrivé assez tard, on avait eu le temps de finir notre film bollywood
(super marrant d’ailleurs), de se doucher et d’aller lire dans le lit. Et puis
d’un coup, en plus des chiens habituels qui aboient dans le voisinage, on
entend une vache. « Dis, t’as entendu la vache ? ». On rigole.
Note pour plus tard : quand la vache se met elle aussi à
« aboyer », c’est un signe funeste.
Car 2 minutes après environ, les murs se sont mis à
trembler de partout. La lampe au plafond tremblait comme dans le Titanic.
Michael me dit « dis donc, y’a du vent ». «Ouais, du vent qui fait
trembler les 4 murs ? Non Miko, ca s’appelle un séisme » (les Vikings
connaissent le déluge, le gel pendant 6 mois et la neige, mais pas ça). Pas manqué : séisme d’amplitude 4,6, dont l’épicentre
était situé au Tibet. Je me suis changée au cas où il faudrait sortir dehors et
tout. 10 secondes après, c’était fini.
Mais l’autre aventure de la journée, c’était de goûter au
fameux Choco Pie. Choco quoi ? Mais si, ce gâteau considéré comme
dissident en Corée du Nord… Je m’explique. Tout d’abord, c’est un petit gâteau
rond, assez bourratif, avec du chamallow dedans et recouvert de chocolat. Il
vient de Corée du Sud. La photo sur l’emballage n’est pas contractuelle, je
peux vous le garantir, puisque je l’ai goûté moi-même.
Il y a quelques années, la Corée du Sud a construit un parc
industriel dans la zone démilitarisée de sa voisine « nordique ».
L’entreprise emploie donc des Nord-Coréens, enfin jusqu’à il y a 1 mois,
lorsque ce cher Pyongyang (dictateur) a décidé de tout fermer. Faut dire qu’il
y avait faute grave : en fait, les employés Nord-Coréens n’ont pas le
droit de recevoir de bonus en liquide, considérés comme « symbole
dangereux du capitalisme ». Du coup, les Coréens du Sud les rémunéraient
en Choco Pies. Sauf que des petits malins, sachant que ce gâteau était absent
du marché nordique, ont commencé à les revendre au marché noir pour 3-4 fois le
prix original. Et le gâteau capitaliste a rapidement infecté tout le pays…
Résultat : chaque mois, environ 2,5 millions de Choco Pies sont vendus au
marché noir, sous les yeux de Pyongyang qui doit sans doute pas kiffer. Et pour
cause : le gâteau a donné à ses "sujets" (très féodal comme terme, mais pour parler de la Corée du Nord que peut-on dire d'autre ?) un goût du monde extérieur, ce qui
ébranle la suprématie du régime communiste dictatorial. Vite, vite, une
solution ! Pyongang propose donc de remplacer le Choco Pie par des « instant
noodles », ces espèces de pâtes chinoises flasques qu’on met juste dans l’eau
bouillante et qu’on peut manger de suite. Mouais… Ca n’a pas convaincu la
populace, et on les comprend.
Pour les Sud-Coréens, c’est une chance : de l’autre
côté de la frontière, des braves gens sont prêts à tout pour des Choco. De quoi se
faire des c***** en or… Certains, en bons citoyens solidaires (quand même !), ont envoyé en
2012 des ballons chargés de gâteaux de l’autre côté de la frontière.
Affaire à suivre donc...
Affaire à suivre donc...
Pour toutes ces raisons, manger un Choco Pie, c’est un
geste délibérément politique, à défaut d’être absolument délicieux.
