Saturday, 31 August 2013

Le jour où on a goûté les fameux Choco Pies


Tout d'abord, on a vécu notre tout premier séisme népalais. C’est arrivé assez tard, on avait eu le temps de finir notre film bollywood (super marrant d’ailleurs), de se doucher et d’aller lire dans le lit. Et puis d’un coup, en plus des chiens habituels qui aboient dans le voisinage, on entend une vache. « Dis, t’as entendu la vache ? ». On rigole. Note pour plus tard : quand la vache se met elle aussi à « aboyer », c’est un signe funeste.
Car 2 minutes après environ, les murs se sont mis à trembler de partout. La lampe au plafond tremblait comme dans le Titanic. Michael me dit « dis donc, y’a du vent ». «Ouais, du vent qui fait trembler les 4 murs ? Non Miko, ca s’appelle un séisme » (les Vikings connaissent le déluge, le gel pendant 6 mois et la neige, mais pas ça). Pas manqué : séisme d’amplitude 4,6, dont l’épicentre était situé au Tibet. Je me suis changée au cas où il faudrait sortir dehors et tout. 10 secondes après, c’était fini.

Mais l’autre aventure de la journée, c’était de goûter au fameux Choco Pie. Choco quoi ? Mais si, ce gâteau considéré comme dissident en Corée du Nord… Je m’explique. Tout d’abord, c’est un petit gâteau rond, assez bourratif, avec du chamallow dedans et recouvert de chocolat. Il vient de Corée du Sud. La photo sur l’emballage n’est pas contractuelle, je peux vous le garantir, puisque je l’ai goûté moi-même.

Il y a quelques années, la Corée du Sud a construit un parc industriel dans la zone démilitarisée de sa voisine « nordique ». L’entreprise emploie donc des Nord-Coréens, enfin jusqu’à il y a 1 mois, lorsque ce cher Pyongyang (dictateur) a décidé de tout fermer. Faut dire qu’il y avait faute grave : en fait, les employés Nord-Coréens n’ont pas le droit de recevoir de bonus en liquide, considérés comme « symbole dangereux du capitalisme ». Du coup, les Coréens du Sud les rémunéraient en Choco Pies. Sauf que des petits malins, sachant que ce gâteau était absent du marché nordique, ont commencé à les revendre au marché noir pour 3-4 fois le prix original. Et le gâteau capitaliste a rapidement infecté tout le pays… Résultat : chaque mois, environ 2,5 millions de Choco Pies sont vendus au marché noir, sous les yeux de Pyongyang qui doit sans doute pas kiffer. Et pour cause : le gâteau a donné à ses "sujets" (très féodal comme terme, mais pour parler de la Corée du Nord que peut-on dire d'autre ?) un goût du monde extérieur, ce qui ébranle la suprématie du régime communiste dictatorial. Vite, vite, une solution ! Pyongang propose donc de remplacer le Choco Pie par des « instant noodles », ces espèces de pâtes chinoises flasques qu’on met juste dans l’eau bouillante et qu’on peut manger de suite. Mouais… Ca n’a pas convaincu la populace, et on les comprend.
Pour les Sud-Coréens, c’est une chance : de l’autre côté de la frontière, des braves gens sont prêts à tout pour des Choco. De quoi se faire des c***** en or… Certains, en bons citoyens solidaires (quand même !), ont envoyé en 2012 des ballons chargés de gâteaux de l’autre côté de la frontière.
Affaire à suivre donc...

Pour toutes ces raisons, manger un Choco Pie, c’est un geste délibérément politique, à défaut d’être absolument délicieux.


Friday, 30 August 2013

Le jour où Super Croix s'est incrustée dans l'aventure népalaise

Bon, il fallait que je partage cette vidéo avec vous. Elle m'a été envoyée par un ancien collègue d'Ubifrance Norvège et sincèrement, elle est top !
Parce que Super Croix fait maintenant mieux que laver plus blanc que blanc, elle emmène votre linge sur les pentes escarpées et mythiques de l'Himalaya... Amen.

Wednesday, 28 August 2013

Le jour où on a essayé de célébrer Krishna

Encore une journée de festival, encore une journée fériée ! On se lève tôt malgré tout, moi pour aller à mon second cours de yoga, Michael pour travailler et pouvoir ainsi finir plus tôt cet après-midi. Le but : se rendre à Durbar Square, Patan. Une collègue m’a dit hier que c’était « the place to be » en ce jour de festival particulier, et que tout le monde y serait. Allons donc voir ! Patan, ou en sanskrit appelée Lalitpur, est une petite ville tellement collée à Katmandou qu’on dirait un quartier. Eux aussi ont un Durbar Square, comme celui de la capitale. C’est une série de temples en forme de pagode ou autre. Le truc, c’est que quand on arrive sur place, on est pas tous seuls : c’est Disneyland là-dedans ! Déjà on repère une immense queue sans fin, principalement des femmes, vêtues des habits de fête : du rouge, du vert, du scintillant. On ne sait pas où va la queue, et ce qu’on y attend. Mais ca doit être un truc important, car vu la longueur de la file, elles vont attendre une bonne partie de leur journée ! En-dehors de la queue, c’est un fatras de gens, de marchands, de personnes fortement handicapées qui font l’aumône. Il y a même un monsieur étendu là, en plein milieu de la foule, sans bras et sans jambe, et qui bouge ses moignons en l’air. Tout ce bazar donne une impression de cours des miracles. Et donne un peu la nausée. En fait, il s’agit de la célébration du dieu hindouiste Krishna. Et le principal temple de Krishna se trouve ici, à Patan. C’est la destination de la file d’attente, et la raison de cette immense fête. Krishna est une divinité centrale dans l’hindouisme, parce que c’est la 8ème incarnation de Vishnou, ce dernier faisant partie du trio principal hindouiste Brahma-Vishnou-Shiva. Brahma est le dieux créateur, Vishnou le dieu protecteur, et Shiva le dieu destructeur. Je dois avouer que la constellation de déités hindouistes est très riche et assez compliquée à saisir quand on a pas été trempé dedans étant petits. C’est tellement la foire ici qu’on n’a même pas le loisir de lever le nez pour admirer les temples autour de nous. On décide de se réfugier dans un café, sur la terrasse du toit, pour avoir une vue sur Durbar Square et sur la foule, mais avec la possibilité de respirer ! On savoure un lassi, ces délicieuses boissons lactées aromatisées le plus souvent aux fruits (banane, mangue). Bon, pour prendre le temps de regarder les temples, de les visiter, et de visiter le musée (l’un des meilleurs du pays apparemment), on reviendra. On quitte donc l’endroit, non sans recevoir la fameuse tika sacrée (le point rouge sur le front). Pour ce festival de Krishna, elle est particulière : rouge, argentée, avec un filet orange. On nous attache de nouveau au poignet le fameux cordon destiné à être accroché à la queue d’une vache pour nous permettre d’atteindre les rives du paradis, une fois notre heure venue. Ya plus qu’à trouver une vache. En revenant sur Chhetrapati, là où on habite, c’est session shopping pour Michael. Il s’est acheté plusieurs vêtements locaux hyper confortables et vraiment jolis. Quel style ! Un Viking habillé à la mode népalaise, ca se voit pas à tous les coins de rues. Monsieur est ravi ☺

Monday, 26 August 2013

Le jour où on a vu Bodnath

Après le boulot, on a pris un taxi direction Bodnath. C’est l’une des plus grandes stupas (monument bouddhiste) d’Asie, classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Originellement, c’était surtout les Sherpas qui venaient se recueillir là, avant de reprendre la route vers Lhassa au Tibet à travers les massifs himalayens. Ils venaient prier pour que leur voyage se passe au mieux. Aujourd’hui, Bodnath est le centre d’une très forte communauté tibétaine, qui a fui son pays d’origine lors de l’invasion chinoise. Le lieu est donc chargé d’histoires, d’espoirs et sans doute aussi de désespoir. Du coup, au premier coup d’œil, Bodnath met un coup dans les tripes. Comme pour chaque stupa, il est de mise de tourner autour du monument dans le sens des aiguilles d’une montre. C’est un moment magique : tu marches paisiblement, au milieu des touristes, des dévots, des moines habillés en pourpre. Des haut-parleurs diffusent des musiques tibétaines religieuses, dont le fameux mantra «om mani padmé hum ». Les odeurs d’encens se mêlent aux odeurs de thé des restaurants autour du stupa. Et puis il y a les yeux immenses du Bouddha, qui te contemplent, qui nous contemplent tous, là-haut au sommet du monument. Ca fait quelque chose ! Après avoir tourner autour de la stupa un certains nombres de fois, on prête un peu plus attention aux temples alentours. La zone est très religieuse, et du coup il y a de nombreux monastères et autres monuments dans les environs. Il y a d’ailleurs quelques moines occidentaux ! On se dirige vers un temps assez joli, et dedans, surprise : une immense statue du Bouddha, insoupçonnable de l’extérieur. On fait tourner des petits et des grands moulins à prière, dans le silence. Je crois que la symbolique du lieu fait que personne n’a envie de parler du temps qu’il fait ni de ce qu’il va manger ce soir. Puis on décide de manger dans un resto tout en haut d’un bâtiment, sur une terrasse avec vue imprenable sur la stupa. Le ciel devient alors très gris, aux alentours on ne voit même plus la chaîne de montagnes. Mais un rayon de soleil sorti d’on ne sait où se pose sur Bodnath, renforcant encore plus le côté magique de l’endroit. Ainsi, il peut pleuvoir partout ailleurs sur la vallée, mais ici, nous resterons secs. Le repas est délicieux. Quelques emplettes (un mala blanc, de l’encens et un bol qui chante), et nous voilà dans le taxi pour rentrer à la maison. On reviendra, peut-être à une autre heure du jour, pour voir le lever de soleil sur la stupa, pour assister à des rituels…