Le festival
hindou d’Indra Jatra, Dieu de la pluie, dure 3 jours. Trois jours durant
lesquels la déesse vivante Kumari sort de son palais et fait un petit tour dans
le centre historique de Katmandou. La déesse vivante, de qui de quoi de quand
de qu’est-ce ? Et bien c’est une petite fille, sélectionnée vers l’âge de
2 ans par un processus fort long et assez horrible, pour devenir LA déesse
vivante népalaise. Pour le job, elle doit remplir pas moins de 32 qualités, qui
sont instamment testées lors du « processus de recrutement ». Une
fois « élue », la fillette et sa famille déménagent dans un palais
situé au Durbar Square de Katmandou. Elle ne sort de ce palais que 9 fois par
an, entre autre pour le festival d’Indra Jatra, d’où son importance !
Le reste du
temps, elle reçoit des enseignements, a le droit de jouer un peu avec 2 enfants
triés sur le volet qui lui rendent visite de manière régulière et stricte.
Surtout, qu’elle ne se blesse pas ! La moindre égratignure, amenant son
sang à couler, lui ferait perdre son caractère sacré. Du coup, la Kumari vit
dans un monde feutré et ne doit courir AUCUN risque.
Assez
logiquement, elle demeure déesse jusqu’au jour de ses premières règles. A ce
moment, elle et sa famille sont alors renvoyés dans leur village, avec une
jolie pension de retraite tout de même. On raconte que pas mal d’ex-Kumari ont
tendance à perdre un peu la boule, et on les comprend : passer d’un palais
feutré où tout est fait pour ne pas la blesser à la vie rude de village, il y a
un monde ! Il est également dit qu’épouser une ex-Kumari porte malheur.
Dans les faits, un esprit occidental dirait qu’épouser une ex-déesse (ayant
donc eu l’habitude d’être taitée comme telle), c’est vraiment chercher les
problèmes, au bord du masochisme. Les Népalais répondent timidement que pour
eux, une déesse, même « ex », ne peut pas faire partie de leur vie,
parce qu’elle n’est pas normale : ils ne l’imaginent pas aller aux
toilettes, faire la lessive, leur faire des bisous… Trop abstrait, trop
bizarre, quand on avait pour habitude de la vénérer !
Bref. En ce
qui nous concerne, on a donc revêtu nos costumes et sommes partis avec un
groupe de touristes sur les traces de la Kumari, en espérant la voir. On a attendu
pas moins de 2 heures sous la pluie, mais ca valait la peine ! C’est
vraiment un moment fort pour les Hindous, et le partager avec eux, au milieu de
la foule, était vraiment une expérience !
Puis, on
s’est tous rendu dans un ancien palais pour se faire servir un repas
traditionnel de cette célébration : 18 saveurs différentes, allant du
pétale de riz à la sauce épicée en passant par l’intestin frit de buffle, les
haricots, les légumes au curry et le yahourt… Le tout arrosé de bière de riz (super
bon) et d’eau de vie à « seulement » 60% d’alcool. Bref, ca
désinfecte et on s’est régalé !
L’organisation
de la fête cependant, qui imputait à Socialtours, était critiquable. Les
Népalais n’ont pas DU TOUT le même sens de l’organisation que nous. Pour eux,
la confusion et l’incertitude sont inévitables, ce qui est vrai. Mais nous
autres Occidentaux on échafaude des plans A et B et C pour tenter de les
réduire. Eux non. Si c’est le bordel, ma foi, c’est le bordel. Allez expliquer
ca au groupe de touristes Américains ! Bref, on a de quoi se faire des
cheveux blancs des fois mais au final leur point de vue totalement décontracté
est plutôt reposant. Mais pas franchement exportable : ca marche au Népal
parce que c’est le Népal ! Même les touristes s’y attendent un peu J
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