Wednesday, 21 August 2013

Le jour où nous avons survolé le Pakistan

L’aventure a commencé vendredi 16 août 2013, vers 15h45. Je rentrais juste du boulot avec mes pinpins sourds-autistes, ai juste eu le temps de sauter dans la douche, puis dans la voiture, direction l’aéroport international d’Oslo. La Norvège devait être drôlement triste de nous voir partir, parce que malgré le fait qu’on soit en août, il faisait affreusement gris, il pleuvait, et on était pas franchement étouffés par la chaleur ! Bref. Je vous passe les formalités d’embarquement-passage de douane et tout le tralala, on s’en fout. Premier avion pour Amsterdam, avec un arrêt de 1h dans le pays des tulipes. Puis embarquement pour le long vol de nuit, celui pour Abu Dhabi, avec une compagnie des Emirats. Ce qui veut dire que ca clinque, que les stewards sont visiblement plus recrutés pour leurs mensurations que pour leur capacité à sourire. Mais c’est confortable, on va être bien là pour 6h ☺ Arrivée au petit matin à Abu Dhabi. Il est 6h15 et il fait déjà 33 degrés. Je me demande bien à combien ca monte dans l’après-midi ca. Enfin on aura pas l’occasion de le vérifier de toutes facons. Là, on a 3 bonnes heures d’attente. Interminable, surtout quand tu donnerais n’importe quoi pour avoir juste UN LIT. Le hall d’attente des passagers en transfert est sympa, quoique archi-bondé. Il y a des « aquariums » pour les fumeurs. Je vois pas comment expliquer ca autrement : une pièce toute en verre d’environ 5 m2, où les gens s’entassent les uns sur les autres pour fumer la cigarette salvatrice, pendant que 20 autres font la queue à la porte. C’est là qu’on se dit que le tabac c’est quand même une sacrée addiction, parce que je ne comprends pas trop comment on peut prendre plaisir à fumer comme ca, à 40 dans un aquarium de 5 m2, à sniffer les aisselles de son voisin. Mais passons. Fait amusant, il y a une mosquée dans les toilettes. Une pour les femmes, une pour les hommes. On voit circuler des types comme dans les albums de Tintin, tout de blanc vêtus, avec le petit voile sur la tête et le cerceau noir pour que ca reste bien en place. Des femmes tout de noir vêtues elles par contre. Blanc contre noir, yang et yang. Après une éternité, nous voilà enfin assis dans le dernier avion. Allez, plus que 4h avant de toucher enfin le sol népalais ! En vol, on survole Dubaï : d’en haut, ca ressemble à une ville toute blanche, écrabouillée par un soleil de plomb, toute artificielle avec son faux port, son faux lac, ses buildings de partout. On ne voit pas une touche de vert. Je me demande bien comment ils se sont débrouillés pour construire une station de ski là-dedans. En tout cas, ca respire pas la protection de l’environnement. Bref, heureusement, c’est pas là qu’on va nous ! Puis arrive les zones complètement désertiques de l’Iran et du Pakistan. De la montagne, pas une goutte d’eau, pas un arbre, pas une maison à l’horizon. Le nord de l’Inde lui est tout plat, avec des petits villages ici et là, et des rivières énormes qui partent dans tous les sens. Ca sent la mousson ! Et puis vient enfin le Népal : des montagnes toutes vertes, qui sortent des nuages, avec des rizières sur les flancs. Des grosses rivières là encore, et puis la vallée de Kathmandou : une espèce de gros bin’s de
maisons, de toutes les couleurs, de toutes les formes. C’est parti ! L’aéroport est pas bien grand, tout en brique et pas bien chic ! On passe au bureau des visas, où une belle brochette de types se font passés les papiers de main en main assis derrière un haut comptoir, et toi tu suis le mouvement sans trop capter ce qui se passe ni ce qu’ils te racontent. Purée, l’accent qu’ils ont ! Enfin bref. Puis vient la blague des valises qui n’arriveront finalement pas. Elles sont restées bloquées quelque part sur le parcours, ou bien elles se sont fait la malle. Bon bon, ne nous énervons pas, allons faire la queue au guichet des réclamations ! Là encore, on comprend rien de ce qu’ils baragouinent, et puis on peut dire qu’ils doivent pas avoir d’œufs sur le feu ceux-là. Dans le genre je prends mon temps, ils sont grands gagnants… Ou alors est-ce le fameux « style relax » à l’asiatique ? Quoi qu’il en soit, quand tu sors d’une journée de boulot enchaînée à 17h de vol et que t’as pas ta valise, t’as pas trop envie de discourir sur le meilleur cru de Beaujolais. Autre truc : dès que tu poses une question, quelle qu’elle soit, on te répond « yes yes no worry madam ». Sauf que des fois c’était pas la réponse attendue du tout, et que du coup tu en déduis qu’ils comprennent rien. Bon bon, inspiiiire-expiiire, c’est sans doute que le début d’une longue série…………………. Après 18 ans passés à ce fichu guichet, on a plus ou moins compris qu’il faudrait retenter notre chance demain avec le prochain vol. On apprendra plus tard que le prochain vol arrivait trop tard, que les types étaient débauchés et qu’il faudrait attendre le surlendemain. Bref bref bref. On était censés être accueillis pas un collègue de mon nouveau boulot. Mais comme avec toutes ces péripéties on était sacrément en retard sur l’heure du rendez-vous, je me suis dit que le type serait déjà parti. Alors on est sorti, agressés par un tas de « taxiiii madam ! », l’œil rivé sur les bonhommes qui attendaient avec leur petite pancarte. Je voyais rien. Stress et fatigue accumulés, je sentais monter le pétage de câble. Mais non, il était là avec sa petite pancarte et un copain. Il nous a salué, nous a remis la fameuse écharpe blanche autour du coup, et en voiture Simone ! Ah oui, la voiture de Simone… Déjà au Népal on roule à gauche. Enfin en principe. Dans les faits on roule où on veut, où c’est possible de passer. C’est un enchevêtrement de bus des années 60, de voitures des années 50, de scooters des années 20, de vélos, de charrues, de pousse-pousse, de piétons. Sur le bord des routes, il y a des gens assis pas terre qui vendent des trucs de toutes sortes. Il est a des chiens, des chèvres. Je me suis demandée quelle pourrait être ma durée de survie si je m’aventurais à marcher là. Mon collègue a alors dit « vous avez de la chance, aujourd’hui c’est samedi, y a pas les bouchons ! ». Ah ouais. Je me suis demandé comment ca peut bien rendre, ce même bordel mais avec des « bouchons » en plus. Sincèrement j’ai pas pu avoir une image en tête. Ca dépassait largement ma capacité de visualisation. On est arrivés dans notre quartier, Thamel. Le coin le plus touristique, où tous les expatriés vivent. Alors là, autre style : les rues font 3m de largeur, ce qui est plutôt petit, surtout quand les bords sont remplis de boutiques qui empiètent largement sur la voie publique pour mettre leurs marchandises (tapis, pashminas et tout le bazar). Dans cet espace réduit, on trouve toujours les voitures, les vélos, les scooters, les pousse-pousse, les piétons. Pour avancer, il faut raser les murs, éviter de marcher sur les chiens couchés, sur les gens assis qui vendent des trucs invraisemblables. On est arrivé à l’appart et le proprio nous accueille. Bonne surprise : l’appart est plus grand qu’il semblait sur les photos, assez propre, bien équipé et tout. Il nous a montré la salle de bain où on se douche comme ca en plein milieu, transformant de fait le lieu en piscine municipale, puis nous montre le système du gaz pour cuisiner, sachant que telle plaque ne marche pas qu’il y a une astuce, que la fenêtre ne ferme pas bien mais il y a une astuce, que la lampe marche pas mais là par contre il y a pas d’astuce. J’ai eu un moment où je me suis sincèrement demandé ce que je foutais là, et pourquoi j’étais pas restée sur mon canapé norvégien. J’ai repensé à la grisaille norvégienne, et le sentiment n’a pas fait long feu. On est sorti manger au Penguin’s, un resto qui « a l’air propre ». On s’est dit que pour le premier soir fallait mieux pas s’aventurer dans un boui-boui. C’est effectivement très propre, maxi kitsh, avec une originalité : tu peux demander à avoir le drapeau du pays de ton choix sur la table, et surtout, SURTOUT, tu peux inviter à ta table une peluche. « Plus on est de fous, plus on rit ! ». On a demandé le drapeau népalais et on a invité un panda géant. Ca surprend. On a dormi comme des loirs cette nuit là, malgré les chiens qui aboient, les gamins qui chouinent et les tuuuuuuuuut de la rue. Dimanche matin, 18 août 2013. L’aventure pouvait vraiment commencer !

3 comments:

  1. Så spennende! Gleder meg til flere bilder :)

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  2. La confirmation du désorde désorganisé asiatique!
    Enorme le panda peluche!! Qu'avez vous dans vos assiettes?

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  3. Alors dans nos assiettes c'est du momo, l'une des plats typiques népalais. Il s'agit d'un genre de ravioli local fourré aux légumes, à la viande ou au fromage. On en mange quasi tous les midis au boulot à la pause lunch. Mon préféré ? Celui aux épinards/fromage, trop bon !
    Sur la photo, le mien est moitié cuit à la vapeur/moitié frit, et celui de Miko est entièrement frit. C'est moins traditionnel : à la base c'est cuit à la vapeur, et à la base les Népalais les faisaient frire les jours suivants quand il en restait, pour être sûr de tuer toutes les bactéries... Maintenant c'est devenu tendance des les manger frit aussi :)

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