Wednesday, 21 August 2013

Le jour où j'ai recu une tika sur le front

Mercredi 22 Aujourd'hui c'est jour férié en raison de 2 festivals (les Népalais ont des festivals tout le temps). On est allé faire une balade, et j'ai recu les bénédictions (un bracelet censé me porter chance, et qu'il faudra que j'accroche à la queue d'une vache d'ici le mois d'octobre, lors du festival de la vache. Cette même vache m'aidera quand je serai morte à traverser la rivière qui nous sépare du paradis. Je me demande comment je vais trouver une vache et lui accrocher mon machin. Enfin chaque merde en son temps...). J'ai aussi reçu plus la fameuse tika (le point rouge sur le front). Vers 17h tout à l'heure on retrouve mon chef pour aller voir un concert de musique classique en plein air + illumination d'un temple apparemment hyper chouette. Cet évènement se passe à chaque pleine lune, parce que oui, les Népalais font la fête à chaque pleine lune aussi. Et le samedi aussi, comme c'est le jour de congé. Bon en fait on a jamais retrouvé mon chef. D’ailleurs, une fois là-bas, personne semblait savoir qu’il y avait un concert. Par contre on a été embrigadés dans la visite d’un temple hindou, bon bon d’accord, on était pas là pour ca à la base mais on l’aurait fait tôt ou tard de toutes facons ! On nous fait payer une somme rondelette (pour le Népal) en nous expliquant que c’est gratuit pour les Hindous mais pas pour nous, cols blancs. On nous fiche un guide dans les pattes, et je me suis demandée s’il allait nous suivre tout le temps, s’il était inclus dans le prix, ce qu’on foutait là et où était ce fichu concert. Au bout d’un moment j’ai comme qui dirait « lâcher-prise ». Dans ce pays, si tu fais pas ca, tu décèdes dans ta tête. Le gus nous a annoncé que comme c’était la pleine lune, y allait avoir des sacrifices d’animaux et des cérémonies de crémation humaines. Miam. Bon par contre c’est magnifique : y a un type en blanc qui est « chef de bûcher » (c’est pas une blague), habillé tout en blanc. Les bûchers sont alignés au bord d’une rivière qui au loin rejoint le Ganges. Du coup cette rivière a le même rôle pour les Hindouistes Népalais : on y fait ses ablutions, on se lave de ses pêchés, on y balance les cendres des morts une fois leur corps consumé. Détail intéressant dont nous fait part notre guide : un corps normal met 4 heures pour crâmer, les maigres mettent moins longtemps, les gros par contre ils te squattent le bûcher un sacré moment. Ce genre de rituels est codifié, ouvert aux hommes uniquement, et les pauvres se font brûlés à droite du pont, les riches à gauche (en aval). Ce rituel est d’abord Hindou, mais n’importe qui qui en a envie peut se faire brûler ici. Hyper open. Dans les temps anciens, les veuves toutes fraîches pouvaient à leur guise se jeter sur le bûcher de leur défunt époux avant de se faire brûler vive avec eux. Maintenant elles peuvent se remarier si ca leur dit, rester seules même. Je me suis demandée si c’était autorisé de se mettre avec une femme après le veuvage, mais j’ai pas osé. Dans ce parc il y a la rivière et puis plusieurs temples. Il y a des Hindous partout, et puis des vaches et des singes. Les odeurs des bûchers et des encens s’y mélangent. Il y a aussi les moines, les ascètes, ces derniers ayant des vraies tronches de hippy : draids, grande barbe. Ils sont les seuls pour qui la consommation de marijuana et de hashish est légale. D’où le look hippy sans doute. Il y a aussi les ascètes nus. Ils sont couverts de cendres et se cachent les parties sous un petit mouchoir. C’est pour protéger la sensibilité des touristes sans doute. Je pense qu’il l’enlève en fin de journée. Après une heure de tour, notre guide nous arrête : c’est l’heure du pourboire. Le moment redouté. Bien sûr on ne lui donne pas assez, bien sûr il demande une somme pharaonique sachant qu’on a déjà pas mal payé pour avoir le droit d’entrer. Finalement je coupe la conversation sur un prix plus ou moins négocié. C’est dommage ce côté vache-à-lait qu’on a, ca gâche un peu l’expérience. M’enfin. Retour en taxi à l’appart : pas de ceinture de sécurité, et il faut avoir la foi. Les routes ne sont pas goudronnées par chez nous, donc ca saute dans tous les sens, ca klaxonne, ca fait des embardées pas possible… J’ai l’impression d’être dans le train de la mine de Disneyland, donc ca fait rigoler, sauf que là t’as pas la petite barre qui te retient en cas de pépin. Une fois rentrés vivants, c’est repos !

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