Matinée toute douce, les Hollandais nous ont rejoint et j’ai joué avec
les enfants du village. Un, puis deux puis… six autour de moi, à vouloir
s’asseoir sur mes genoux, se faire chatouiller… On a chanté, on a dansé, on a
papoté en népalais basique. Je les aurais tous adoptés je crois ! J’ai
pris des jolis portraits que vous pourrez voir dans les photos.
Puis on a eu une cérémonie d’au revoir : le chaman du village a
éloigné tous les obstacles pour chacun de nous, nous a béni et nous a souhaité
un bon retour. J’ai aussi dit au revoir à ma famille d’accueil, non sans avoir
pris pleins de photos d’eux et avoir reçu de leur part une magnifique pashmina.
Moment émouvant, d’autant qu’à part pour prendre une douche, j’avais pas DU
TOUT envie de partir. La vie là-haut est rude, simple, mais le sourire des gens
et leur solidarité et hospitalité m’ont vraiment ébranlée. Ils sont heureux et
parlent avec leur cœur, un point c’est tout. Chez nous on a un peu oublié
comment faire… Recevoir un étranger chez soi dans le monde occidental équivaut
à « prendre un risque » ou je ne sais quoi, simplement parce qu’on
est trop attaché à nos choses (« et si jamais je me les faisais
chourer ???? ») et qu’on voit l’autre avec méfiance (« c’est
peut-être bien un psychopathe »). Je souhaite aux habitants de Gati d’être
préservés encore longtemps de ces réflexes de protection qui tuent la
rencontre.
Les enfants ne veulent pas me lâcher la main et marchent avec moi
jusqu’au grand arbre, qui marque la fin du village. Puis, pendant la descente
de la montagne, je les ai entendu hurlé « bye bye, Titi ! »
pendant 30 bonnes minutes. Ils vont me manquer…
Retour à Borderland, à la civilisation. La douche, du repos… Mais le
cœur est toujours perché là-haut.
Puis on reprendra la route pour Katmandou. On fêtera notre dernière
soirée tous ensemble dans un resto et on se déhanchera comme des fous pendant
un concert.
Et tout le monde, Allemands comme Hollandais, reprendra le chemin de
l’aéroport… Après 6 jours intenses d’aventure, ca laisse comme un grand
vide !
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