Tuesday, 12 November 2013

Jour 2 : La montée à pic jusqu’au village de Gati


La matinée s’est passée tranquillement au camping de Borderland, avec encore quelques activités de team building.
Après le déjeuner, les Hollandais sont partis dans leur village, et j’ai suivi les Allemands jusqu’à Gati. Ce petit bled est perché sur une montagne, et la grimpette est franchement exténuante : toute en escalier ! Ca m’a rappelé la difficile montée vers Bandipur… Mais la vue sur la vallée et la rivière Bhote Kosi est à couper le souffle, alors je fais des pauses sous prétexte de prendre des photos !

L’arrivée au village est un moment magique : déjà, quelques habitants sont descendus jusqu’au « grand arbre » et nous applaudissent, puis grimpent avec nous les derniers mètres jusqu’à une espèce de porche fait de branches et de feuilles. Tout le village est là, formant une haie d’honneur. Une fois passé le porche, chacun de nous reçoit la tika (le point rouge sur le front), une kata autour du cou (écharpe bouddhiste) et des colliers de fleurs de la part des enfants.
Et puis on dîne, et puis on retrouve le village dehors, à la nuit tombée. Aujourd’hui c’est le festival des lumières, alors on allume tous ensemble tout un tas de bougies qui donnent à l’endroit un aspect mystique. On nous sert du rakshi (eau de vie) chaud, et puis on chante et on danse, tandis que quelques femmes font des offrandes aux Dieux. Je note que les premiers à se trémousser sur le « dancefloor » sont les petits papis ! Le moment est unique, mais on est tous crevés…
Alors vient le moment fatidique : dans quelle famille va-t-on dormir pour les 3 prochaines nuits ? J’apprends que je partagerai le couchage avec la prof allemande. L’ado de notre famille nous emmène dans le noir, ouf, la maison n’est pas loin ! Elle nous a laissé sa chambre : un tout petit espace très sommaire, avec un lit pas bien grand pour deux personnes et tout dur. Les enfants de la famille dorment par terre dans le salon qui fait aussi entrée et couloir pour desservir les deux chambres. Le papi dort sur le balcon, dehors, car les chèvres ont fait des petits et il faut les garder des renards. Les toilettes, à la turque, sont dehors, à côté des chèvres. Je commence à me dire que mon habitude de me lever la nuit pour faire pipi ne va pas être idéale dans un tel contexte… D’autant que ca implique de passer par-dessus la prof allemande, de ne pas réveiller les enfants qui dorment dans le salon, de ne pas réveiller le papi qui dort sur le balcon, et de ne pas effrayer les chèvres ! Il est évident que je me suis levée 2 fois la première nuit, psychologie débile oblige. J’ai quasiment pas fermé l’œil.

Point de salle de bain à l’horizon. Il y a des « points d’eau » communs à plusieurs maisons. L’eau vient de la rivière et s’écoule via un petit robinet, où on peut se brosser les dents, faire une lessive sommaire et éventuellement se laver les pieds (comme à Angoulins !). Les habitants de Gati, comme la majorité des gens vivant en zone rurale au Népal, ne se lavent le corps et les cheveux qu’une fois par semaine, souvent le samedi. Je présume qu’ils se contorsionnent sous le petit robinet, mais je n’ai pas pu vérifier mon hypothèse.


































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